Mladen Petric? C'est devenu cette saison la nouvelle menace pour tous les gardiens de Super League... et ceux qui se «frottent» à la Croatie en éliminatoires de l'Euro 2008. Cette saison, en 33 matches officiels, il a ainsi comptabilisé... 38 points, soit 26 buts et 12 assists. C'est dire que l'homme vaut plus d'un but par match.
Meilleur marqueur de Super League (15 buts en 20 matches) et de son équipe nationale - fait rare, il avait marqué quatre buts consécutifs le 8 octobre dernier (les quatre premiers des sept que la Croatie allait enfiler à Andorre) -, Petric a commencé l'année en fanfare: s'il n'a pas marqué lors de la victoire du FCB à Berne (3-0 contre YB), il a inscrit, samedi dernier contre Lucerne, le seul but du match sur penalty.
Aujourd'hui à Sion, il compte bien poursuivre sur sa lancée, et permettre au FCB de maintenir l'écart avec le FC Zurich. Car l'idée du titre n'est pas écartée par les Bâlois...
# Interview du quotidien *Le matin* avec mladen #
Mladen, que représente pour vous le fait de jouer à Sion?
C'est toujours spécial d'évoluer à Tourbillon. L'ambiance y est très chaude, et même si le public ne sera pas pour nous, c'est le genre d'ambiances qui me plaisent. Je n'aime pas me sentir comme à l'église lorsque je pénètre sur un terrain de foot...
Bâle peut-il revenir sur le FC Zurich?
Je suis persuadé qu'on en a le potentiel. Notre premier tour est oublié, et nous sommes prêts à jouer encore seize matches de Coupe ce printemps. Après, on verra bien où cela nous mènera, puisque nous sommes aussi tributaires des résultats zurichois.
Ce premier tour, justement, comment l'expliquez-vous?
On n'était pas si mauvais que cela, ce qu'on a prouvé par moments. Il nous a simplement manqué une certaine constance. Surtout, on a perdu trop de points contre de petites équipes. C'est ce qui a permis à Zurich de posséder dix points d'avance sur nous à la pause.
Et, donc, vous pensez pouvoir refaire votre retard?
Je vous l'ai dit, on ne doit plus se poser de questions et ne penser qu'à remporter nos matches les uns après les autres. Dès la reprise en janvier, j'ai senti que l'ambiance au sein du groupe était meilleure qu'en début de saison. Nous nous sommes dits: «Ce qui est fait est fait, on ne peut plus le changer. Maintenant, jouons et gagnons!»
Ce que, visiblement, vous appliquez à la lettre...
C'est vrai, on a gagné nos deux premiers matches, on est bien dans le coup. On va tout faire pour continuer à Sion. Mais on sait que ce ne sera pas facile. Le contingent valaisan est de qualité, et je pense que les Sédunois auront à coeur de montrer à leur nouvel entraîneur (n.d.l.r.: Alberto Bigon) ce qu'ils valent réellement.
Et en plus, vous menez le bal au classement des buteurs...
Je ne dirai pas que cela ne me fait pas plaisir, mais je pense avant tout à l'équipe. Si je joue bien et que je marque souvent, les résultats du FCB vont forcément s'en ressentir. Au niveau purement statistique, je préfère prendre en compte mes 38 points que mes 26 réussites. Cela prouve que je peux aussi préparer des buts pour mes coéquipiers, donc être utile à l'équipe autrement qu'en marquant.
Disputez-vous la meilleure saison de votre carrière?
C'est évident, aussi, voire surtout, parce que j'ai réussi à m'imposer sous le maillot croate. Je suis titulaire d'une équipe qui joue bien, et qui est première de son groupe éliminatoire, devant la Russie, l'Angleterre, la Macédoine et Israël. C'est aussi très gratifiant.
Vous ne regrettez donc pas d'avoir choisi de jouer pour la Croatie, et non pour la Suisse?
Aujourd'hui, bien sûr que non. Mais j'avoue que j'ai eu des moments de doute, que je me suis parfois demandé si j'avais bien fait. Lorsque, en juin dernier, je n'ai pas été retenu pour la Coupe du monde par le sélectionneur croate, et qu'en plus la Suisse était qualifiée, là, oui, j'ai pensé que j'avais peut-être effectué le mauvais choix. Mais depuis, les choses ont tourné. J'ai eu ma chance au bon moment, et j'ai su la saisir. Cette saison, ça ne pourrait pas aller mieux pour moi. Oui, je suis aujourd'hui convaincu d'avoir pris la bonne décision.